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Patricia Finney
« Les Corbeaux d'Érin »




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Patricia Finney

LES CORBEAUX D'ÉRIN


    Barde et guerrier, fils d’un espion romain et d'une prêtresse irlandaise, Lugh mac Romain doit fuir la forteresse de Medb, déesse et reine de Connacht, trois nuits avant la fête de Samhain.

    Au nord, en Ulster, règne le roi Conchobar ; là demeure aussi le célèbre héros Cúchulainn. L’heure du conflit entre le Connacht et l’Ulster approche : Lugh mac Romain et le mythique peuple sylvestre des Tuatha Dé Danann sont plongés au cœur des intrigues et des combats.

  Des années plus tard Lugh raconte son histoire, une histoire d’amours et de guerres, de malédictions et de carnages, de loyautés et de trahisons.




Couverture de Gwendal Lazzara

Prix de vente : 12 €
Livre broché, 408 pages, format 11 x 18
ISBN : 978-2-9536881-0-8
Diffusion en librairie : Coop Breizh




   Inspiré par les légendaires récits irlandais du Cycle de la Branche Rouge, le premier roman de Patricia Finney, pour lequel elle obtint le David Higham Award en 1977, est enfin traduit et édité en français.

   Le mythe irlandais, malgré sa richesse, avait peu inspiré les romanciers. Patricia Finney le suit fidèlement, faisant vivre à ses personnages le déroulement presque exact de la célèbre « razzia des vaches de Cooley » (Táin Bó Cúailnge, en gaélique), mêlant l'histoire et la légende en un récit palpitant et fourmillant de détails de la vie quotidienne de ces Celtes irlandais que Roger Chauviré aimait comparer aux Gaulois.

   Le roman frôle parfois les lisières du médiéval-fantastique (ou plutôt de l'antique-fantastique puisqu'il se déroule bien avant le Moyen Âge) car les personnages croient en la puissance de la magie, des druides, et des « geasa » (tabous gaéliques), ils y croient si fort que le surnaturel détermine leur comportement et leur vie sociale sans avoir besoin peut-être de réellement s'exercer ou d'exister, et le lecteur les suit sans peine dans cette croyance et dans cette crainte.

   Et les amateurs de fantasy apprécieront la description des Tuatha Dé Danann – les peuples de la déesse Danu – qui, tout en restant ici des humains préceltiques réfugiés dans les forêts, ressemblent aussi à des sortes d'elfes de petite taille, bruns et à la peau mate, juste revanche sur une vision parfois trop éthérée de ces créatures mythiques.


Pour davantage de précisions et de liens sur le contexte légendaire et historique de cette époque, cliquer ici.





     

    Dès sa plus tendre enfance Patricia Finney inventait des histoires qu'elle se racontait à elle-même pour s'endormir. Plus tard, au collège, ellle s'obstinait à rester au fond de la classe, occupée à écrire des poèmes, sans craindre la sanction d'une retenue qui l'aurait laissée bien plus tranquille pour continuer à écrire.

   Elle était encore une jeune étudiante en histoire à Oxford lorsque le David Higham Award vint récompenser son premier livre "A Shadow of Gulls" (maintenant traduit en français sous le titre : Les Corbeaux d'Érin).

    Auteure de romans, d'ouvrages pour la jeunesse, d'émissions de radio, et de nombreux textes et articles en anglais (parfois sous le nom P. F. Chisholm), elle est surtout connue en France pour la série de romans policiers historiques « Lady Grace » (parue chez Flammarion) dont l'action se déroule au seizième siècle.

             




Premiers paragraphes du premier chapitre du livre « Les Corbeaux d'Érin » :


PROLOGUE

      À mon honorable ami l'empereur Hadrien.

    Seigneur, j'écris mon histoire pour remplir la promesse que je t'ai faite de te parler de Sétanta, Cúchulainn mac Súaltaim, que j'ai autrefois connu. Je t'ai chanté des chants que j'ai composés sur lui, mais tu m'as dit que tu souhaites entendre parler de lui dans une langue et d'une manière que tu puisses parfai­tement comprendre. Tu veux aussi en savoir plus sur la Reine de Connacht, Medb (ce qui en latin veut dire : Celle qui Enivre), et comment elle est intervenue dans ma vie.
    J'ai donc écrit cette histoire. Je n'ai écrit que ce que je sais moi-même et ce que j'ai entendu de la bouche de gens qui ont été témoins des événements, et j'ai aussi cherché à expliquer comment je suis devenu l'homme que tu connais.
    Je demande ton indulgence pour mon latin : c'est une langue que j'ai apprise alors que j'étais déjà adulte, et bien que je puisse composer de la poésie dans cette langue, le gaélique est ma langue maternelle. Heureu­sement, les harpes n'ont besoin d'aucune langue, mais cela je ne peux pas le transcrire.
    Voici donc la première partie de mon histoire.

                    Lugh mac Romain, le harpiste.



CRUACHAN

    J’ai quitté le Connacht la nuit où j’ai tué le roi, trois nuits avant la fête de Samhain où le roi aurait dû mourir. Il est étrange qu’une seule nuit puisse changer tant de choses. Quand j’y repense maintenant je vois tout ce qui est arrivé depuis cette nuit-là, trois nuits avant Samhain, tourner sans cesse autour comme les rayons d’une roue de char. Et comme le moyeu d’un char de guerre cette nuit-là portait en elle un couteau.
    Je m’étais entraîné pendant une bonne partie de l’après-midi avec mon frère d’armes Dálach. Nous nous étions jeté de légères javelines de houx en les détournant de nos boucliers, nous avions simulé un combat avec nos lances, et nous avions terminé cet exercice en nous affrontant à l’épée comme si c’était un duel. Dálach avait proposé cet entraînement parce qu’il avait appris une nouvelle feinte pendant que j’étais absent. J’avais à peine commencé mon attaque qu’il m'a fait lâcher mon arme d’un revers que je n’avais jamais vu ; il a arrêté son coup juste devant mon sternum. Je suis resté là, respirant vite et suant un peu sous l’effort, et j’ai jeté un regard lugubre vers sa lame qu’il abaissait avec un grand sourire.
    — Très bien. Comment as-tu fait ça ?
    — C'est Ailill qui me l’a appris, pendant que tu n’étais pas là.
    — Ailill ? J'aurais dû m'en douter. Comment as-tu fait ?
    Il a essayé de me montrer, mais même si je manie assez bien l’épée j’ai du mal à apprendre de nouveaux coups. Dálach, lui, s’en délectait, il les collectionnait, il les chérissait comme les enfants de Cruachan chéris­saient les poupées et les petits chars de bois qu’il sculptait pour eux. À ma cinquième tentative ratée il a abandonné avec un air dégoûté et il s'est écrié qu’il avait faim. Nous sommes entrés dans la Salle Royale et nous avons abordé une esclave qui passait pour lui demander de nous trouver de la viande et de faire deux galettes d’avoine. Elle s’est mise à l'ouvrage avec des haussements d’épaules et des regards noirs ; mais avant même que les galettes soient à moitié cuites Dálach a passé un bras autour de sa taille et il l'a regardée en souriant d’une manière qu’elle a très bien comprise.
    Puis elle s'est précipitée dehors pour enfermer les oies dans leur enclos pour la nuit, pendant que Dálach et moi mâchonnions la viande et les galettes et les faisions descendre avec une louchée d’hydromel prise dans une cuve près de la porte en nous plaignant qu’il avait aigri.
    Nous avons vérifié nos armes pour voir si elles n’avaient pas de traces de rouille et si les cuirs étaient en bon état ; à sa grande fureur Dálach a vu qu’un rivet du fourreau de sa dague se détachait. Nous sommes donc allés à l’armurerie pour y laisser nos armes, puis à la forge près de la grand'porte pour demander au forgeron de remplacer le rivet.
    Quand nous sommes ressortis, le soleil se couchait et les nuages laissaient voir les collines rouges et dorées autour de Cruachan.



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